
En résumé : un parfum passe par cinq étapes — l’idée, le sourcing à Grasse, le dosage à la main, les tests en conditions réelles, puis une première petite série en boutique. Compter plusieurs semaines, et accepter d’en abandonner en route.
L'idée
Elle vient rarement d’un catalogue. Le plus souvent d’une saison qui approche, d’un souvenir précis, ou d’une demande revenue trois ou quatre fois en commentaire sur les réseaux.
On note, et on laisse reposer. Une idée qui semble excellente un mardi soir paraît souvent moins évidente une semaine plus tard, et c’est très bien : cela évite de couler des séries entières sur un enthousiasme passager.
Le sourcing à Grasse
On cherche ensuite la fragrance qui correspond, chez nos fournisseurs de Grasse. C’est rarement du premier coup. Une note peut être parfaite sur une touche de papier et complètement décevante une fois chauffée dans la cire — certaines s’effondrent, d’autres deviennent chimiques, d’autres disparaissent purement et simplement.
Le critère qui ne bouge jamais : aucune huile essentielle. C’est une contrainte de départ, pas un arbitrage. Les raisons sont expliquées dans cet article.
Le dosage
C’est l’étape la plus longue, et le véritable savoir-faire. Chaque parfum est dosé à la main selon un pourcentage précis, puis ajouté à la cire à la juste température.
Trop peu : la bougie sent bien de près mais ne parfume pas la pièce. Trop : elle devient entêtante au bout d’une heure et on finit par ouvrir la fenêtre. Entre les deux, il y a une fenêtre étroite — et elle n’est pas la même d’un parfum à l’autre. Un gourmand supporte mal ce qu’un boisé accepte sans broncher.
La température d’incorporation compte tout autant. Trop chaude, elle abîme les notes les plus fragiles ; trop froide, le parfum ne se lie pas à la cire et remonte en surface en séchant.
C’est là que j’interviens. Je renifle. Si je quitte la pièce, c’est mauvais signe~
Les tests
On coule quelques exemplaires, puis on les laisse mûrir — la cire et le parfum ont besoin de plusieurs jours pour se stabiliser. Une bougie testée le lendemain de sa coulée ne dit rien de ce qu’elle sera.
Ensuite on les brûle en conditions réelles : dans un salon, pas dans un atelier ventilé où tout sent déjà la cire. On note quatre choses.
- La tenue à froid : ce que la bougie sent dans sa boîte, à l’ouverture.
- La tenue à chaud : ce qu’elle sent une fois allumée, de près.
- La diffusion : jusqu’où le parfum va dans la pièce, et en combien de temps.
- L’évolution : ce qu’elle sent après deux heures. C’est souvent là que les mauvais dosages se révèlent.
La mise en boutique
Une première petite série part en boutique et sur les marchés. Les marchés sont d’ailleurs le meilleur test : on voit les visages, et une odeur qui ne fonctionne pas se lit immédiatement.
Si elle plaît, elle entre au catalogue et se décline en mini-bougie et en fondant. Sinon, elle reste une édition unique — et c’est très bien aussi. Toutes les séries actuelles sont dans la collection Bougies.
C’est ce savoir-faire que La Boutique du Chat a construit depuis février 2025, dans son atelier de Rouen, après plus d’un an d’expérimentations avant même la première vente.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour créer un nouveau parfum ?
Plusieurs semaines, entre le sourcing, les essais de dosage, la maturation et les tests. Certains parfums n’arrivent jamais jusqu’à la boutique.
Pourquoi une même bougie ne sent-elle pas exactement pareil d'une fois sur l'autre ?
Parce que le dosage est fait à la main, série par série. Les écarts sont minimes mais réels. C’est la contrepartie assumée d’une fabrication artisanale.
Qu'est-ce qu'un parfum de Grasse ?
Une composition parfumée élaborée par les maisons de Grasse, capitale historique de la parfumerie française. Ce n’est pas une huile essentielle : c’est une fragrance formulée, ce qui permet un contrôle beaucoup plus fin.
Peut-on proposer une idée de parfum ?
Oui, et plusieurs sont nées comme ça. Écrivez-nous depuis la page Contact, ou proposez-la pendant un live.




